Perplexe malgré les apparences débonnaires je suis, comme certainement beaucoup doivent l’être, devant l’idée même qu’un enfant puisse n’être conçu que pour contribuer à soigner son frère ou sa soeur souffrant d’une grave affection. C’est pourtant là où nous en sommes en France. Certes, après que d’autres pays (Grande-Bretagne, Belgique, Espagne, USA) nous aient déjà précédé dans cette voie.
Le moins que l’on puisse dire est que le débat est feutré autour des enjeux que recouvre cette démarche. Un décret relatif au diagnostic prénatal vient de paraître discrètement au J.O. de la République du 23 décembre dernier qui permet la mise en oeuvre d’une disposition votée dans la loi bioéthique de 2004. J’entends que la question des personnes sans toit est majeure en cette période et je me réjouis qu’en deux coups de cuiller à pot on s’engage sur « un droit au logement opposable » quand il y a encore 10 jours la parole ministérielle nous martelait que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et que les places dans les structures d’accueil n’étaient pas utilisées. Décidément, ce pays ne sait fonctionner qu’à la rue et aux campagnes électorales ! Sans compter que dans la série « Passe le bébé à ton voisin » ou » Les chèques sont en blanc « , ce qui se joue aujourd’hui est assez extra. Bravo pour ceux qui seront aux affaires en 2008 et 2012 : ils ont tiré le gros lot.
On se demande ce qu’on a attendu depuis 5 ans, sinon plus que le problème est majeur ! L’ami Fenech était parfait dans le rôle de celui qui s’est démené pour rien aujourd’hui courir après la solution adoptée.
A propos de bébé j’en reviens à celui qui me préoccupe, mais j’ai pas pu me retenir. Pardonnez-moi de ces reflexions de bons sens et mes interrogations sur ce qui va gager ce droit au logement, avancée par ailleurs que l’on doit tenir pour fondamentale ! (Pour réfléchir plus avant sur ce droit opposable, allez chez Maître Eolas). D’autant que le problème posé est bien au-delà de la fourniture d’un toit ! Et que dire des communes qui ne respectent déjà pas la loi SRU !
Mais c’est dit je reviens à mon enfant-médicament.
Donc avec cette loi de 2004 et ce décret de 2006 – fallait pas se presser ! , il s’agit déjà de veiller à ce que des enfants sains naissent quand il y a des risques génétiques dans la famille, ce qui dans un premier temps ne peut être analysé que comme un progrés, mais repose la question des enfants qui malgré tout naîtront porteurs de handicap à contre-courant de l’enfant parfait recherché. Mais comment s’opposer à ce qui reduit ces risques de malformations ou de troubles génétiques ?
Il s’agit donc encore dans ce décret de faire en sorte que des enfants naissent qui fourniront des cellules-souches, prélevées dans le sang du cordon ombilical afin de soigner l’enfant déjà né souffrant de certaines formes d’affections malignes du sang. Et effectivement on peut s’interroger sur ce que ressentira plus tard cet enfant-médicament quand il réalisera n’avoir été conçu que pour permettre à son frère ou à sa soeur de survivre. Sans compter la dette éternelle de celui-ci ou de celle-là à l’égard de l’enfant-médicament.
On a sans doute raison de se poser aujourd’hui ces questions psychologiques.
Bien évidemment, sur ce sujet, personne n’a totalement raison ni personne n’a totalement tort. Tous les arguments sont reversibles. Ainsi l’enfant-médicament pourra aussi être valorisé par la mission qu’il lui aura été assignée et qu’est-ce qui prouve que par-delà ce qu’il apportera à son frère ou soeur aîné(e), cet enfant n’aura pas été désiré aussi pour lui ?
En abordant ce sujet je n’ai aucune certitude sinon le sentiment plus que jamais que la science nous conduit à des remises en cause fondamentales et à nous poser des questions que nous ne nous étions jamais posées collectivement.
Il ne suffit pas de répondre « En avant toute ! Vive le progrès » ou » Il est interdit d’interdire » voire » Pourquoi des interdits , vive la liberté ! ». Il nous faut trouver des repères, des valeurs pour instituer des cadres et des limites. On ne manipule pas impunément la filiation et les fondamentaux sans derrière l’exaltation première ne surviennent des interrogations fondamentales qui sont d’autant plus délicates à gérer qu’elles surprennent. Ainsi aujourd’hui quand on parle » de filiation maternelle il faut préciser de quoi on parle : est-elle génétique, gestatrice, affective, juridique ou sociale ? Ces filiations sont souvent réunies, parfois dissociées ! Pour Napoléon, les choses étaient simples : l’enfant né d’une femme avait celle-ci pour mère. On est loin aujourd’hui d’une telle certitude simplificatrice.
Le même Napoléon pouvait affirmer que les enfants nés d’une femme mariée avait pour père le mari de la dame. Cette présomption « pater is est » – de son nom romain – correspondait souvent à la réalité et était difficilement contestable. Aujourd’hui où l’on peut faire la preuve négative comme positive de la filiation paternelle imagine-t-on de laisser en vente libre des testeurs qui permettraient à chaque enfant de vérifier si son père est bien son père. Nombre de couples « bourgeois » n’y résisteraient pas ! Bref, encore aujourd’hui, la paix des familles l’emporte sur la vérité biologique !
En déhors de toute considération moralisatrice, il va sans doute être temps de faire émerger des points de repère qui borderont sinon la recherche – mais pourquoi pas ! – du moins les pratiques qui en découlent. Aujourd’hui il me semble qu’on est trop dans l’implicite. Et qui dit implicite dit groupes de pression occultes de tous genres – religieux, économiques, et autres – et des infuences sur lesquelles il est difficile de débattre et qu’il faut parfois oser combattre en marquant des limites.
Nous vivons une bien drôle d’époque : les enfants-médicaments, les droits opposables … mais je ne redémarre pas.
Merci de vos réactions.
protection de l’enfance . le projet de loi visant a renforcer le dispositif de protection des mineurs en france sera éxaminé demain a l’assemblée nationale. le ministre délégué a la famille, philippe as, a organisé cette réforme autour de trois axes. 1- prévention . le projet prévoit de systématiser l’entretien au quatrième mois de grossese. un bilan sera également éffectué pour chaque enfant fréquentant l’école maternelle.surtout,une visite médicale obligatoire aura lieu aux sixième et douzième anniversaires pour détecter d’éventuels troubles. 2- signalement . une cellule départementale de recueil des signalements serait créée. le partage des informations entre professionnels du travail social et de la protection de l’enfance serait facilité. la répartition des roles serait clarifiée: priorité a l’aide sociale a l’enfance ( ase) . la ustice ne serait saisie qu’en dernier recours. 3- prise en charge . l’objectif est de » diversifier les modes de prise en charge » pour permettre une plus grande adéquation a la variété des situations rencontrées. il est également prévu de renforcer l’assistance éducative a domicile pour éviter » des placements traumatisants ». france soir lundi 8 janvier 2007.
C’est bien joli tout ça de mettre sur papier des dispositifs « protection de l’enfance » et dans la réalité au quotidien c’est moins évident entre théorie et pratique.
Les hommes politiques ne sont pas des femmes ou mères au foyer ou des pères au foyer et ne vivent pas tous de la même manière. Quand au sujet de « signaler », ceux ou celles qui signalent sont ils à même de signaler objectivement et de manière mesurée ?
prévention ?
signalement ?
prise en charge ?
et bien il faudra du doigté (expression)
Des gamins de 10 ans qui lancent des petards dans une poubelle!!!!!!! Avant de monter sur les grands chevaux et en appeler à la deresponsabilisation sociale des parents, voire à en appeler tout de suite aux psys… peut etre ne serait il pas inutile pour chacun d’entre nous de se rappeler son age bête? et les quelques betises que chacun d’entre nous ont fait de manière plus ou moins consciente, non?!
L’école nationale de la santé publique :
Burnout et maltraitance dans la religion soignante.
Burnout and abuse in health care.
La notion de burnout paraît ainsi susceptible d’être un modèle d’analyse de la maltraitance chez les soignants.
La maltraitance s’origine ici dans le quotidien d’institution, sans intention véritable, sans mise en sens, par souffrance psychique où le burnout fait devenir des soignants des auteurs de maltraitance, effectuant leurs actes de manière désincarnée, déshumanisée.
Pour aider les autres apprendre à se soigner alors quand il s’agit de jeunes mineurs on peut comprendre leurs comportements spécifiques sans tout admettre et savoir les diriger n’est pas une mince afffaire.
Un sujet moins tabou de nos jours et de nos nuits.
Je m’amuse en lisant un deuxième article car j’ai eu une discussion avec mon amie pas plus tard qu’hier sur le sujet. A mon sens, je pense que l’on se trompe de débat. Un enfant malade est en souffrance et va mourir, la médecine et la recherche ont fait les progrès nécessaire pour le sauver, la condition naissance d’un autre enfant « sélectionné » génétiquement pour permettre la guérison du premier. On me dit que cela peut engendrer un désordre psychologique chez le deuxième enfant car désiré que pour son patrimoine (je n’ai pas d’enfant moi-même je le précise). Mais ce que je vois autour de moi c’est qu’à la conception un couple à un enfant alors soit : par erreur dommage avec les moyens de contraception mais passons (savoir que l’on n’a été conçu suite uniquement à une beuverie ne doit pas être plus rassurant mdr), soit par désire personnel et surement pas en pensant au gosse en temps que tel (plus tard cette notion apparait bien évidement) mais au tout début c’est l’affirmation pour un couple de son amour, pour une femme assouvir son désire de mère ou pour un homme la joie d’avoir un fils pour l’emmener voir des matchs de foot et payer des cigares à ses potes fiers comme un pape le papa mdr. Franchement au départ qui ce souci de l’enfant en tant que personne, je ne me souviens pas que mes parents m’est demandé mon avis avant de naitre mdr. Donc la raison n’est pas plus stupide, honteuse ou autre de faire naitre un bébé médicament. Mais comme toujours le bien être du gosse ce n’est pas la motivation première, issu d’un viol, bébé de l’amour, accident de parcours ou bébé médicament l’enfant sera psychologiquement fragile si les parents n’assume pas leur rôle et ne les aiment pas tout simplement (moi aussi je fais la Palice mdr). Maintenant oui refusons l’eugénisme et le bébé sur commande pour avoir un blond aux yeux bleu, de mémoire être petit et châtain ne fait pas partit des maladies génétique mdr. Mais je me méfie beaucoup de la « morale » ambiante et des cries scandalisés, je me rappel d’un certain évêque de Paris ayant jeté le trouble lors du premier téléthon mais bon passons…..La raison de cette naissance n’est pas plus stupide qu’une autre, pas plus traumatisante si expliqué, sauve la vie d’un enfant en souffrance et pour le coup on ne peut pas dire que les parents n’auront pas réfléchis donc obligatoirement grossesse désiré. A bientôt Fred
Ce qui m’interpelle particulièrement mais pas uniquement c’est que des catholiques (pas uniquement certes) qui n’ont en principe aucune sexualité par exemple des prêtres se permettent de donner leur avis sur les modes de contraception et autres. Procréation ou pas procréation fidélité ou pas fidélité plaisir ou pas plaisir c’est un peu extrême l’air de rien régulièrement.
A mon humble avis toute système de pensée humaine ou dogme engendre des extrèmes, mon propos n’etait pas de stigmatisé sur une religion loin de là mais bon pas de bol pour les catholiques, le dernier truc navrant qui collait bien à l’actu sur les enfants dit médicament ben c’est eux qui l’ont lancé. Je ne doute pas que d’autre feront aussi bien (rire) tant qu’on peut encore
il est vrai que faire un bébé pour que cela soit un médicament pour l’ainé peut paraitre inhumain.mais n’est-il pas aussi inhumain de ne pas guérrir un enfant alors que l’on le peut.je pense que si tout être qui est malade et que le traitement pour se soigner existe alors il doit avoir le droit d’accéder à ce traitement.malheureusement en générale c’est à cause de l’argent que l’on ne peut pas se soigner et ce n’est pas acceptable alors pourquoi faire un enfant pour en sauver un autre serait mal.on sait très bien qu’un enfant malade est malheureux et ne pourra jamais réellement s’épanouir.alors je pense que l’on a le droit de soigner son enfant.et faut-il s’inquiéter pour le bébé médicament bien sûr que non! si une mère met tout en oeuvre pour soigner son premier enfant alors il est courut d’avance que c’est une bonne mère et donc que le bébé médicament ne manquera en aucun cas d’amour.je considère donc que le bébé médicament est exceptionnel car il permet de sauver un enfant tout en donnant naissance à un second qui sera de toute façon autant aimé que le premier et ne sera pas malade.
Bonjour à tous,
Voilà encore un problème que l’on se rajoute…
Est-ce que l’on peut appeler cela un progrès.
Ma définition du progrès doit être bien différente de beaucoup…
Selon moi, nous ne pouvons pas dire que cela est un progrès avant de voire comment la population va utiliser ce droit.
Car oui, se pose le problème de l’action parentale. Comment imaginer à l’avance l’impact sur les enfant et toute la famille par la création d’un être dans le but d’en sauver un déjà existant…
Lorsque je vois la société d’aujourd’hui qui perd son humanisme à une vitesse folle, j’ai facilement un pessimisme pour l’utilisation de ce nouveau droit…
Si, encore, les gens étaient réellement responsables aujourd’hui…
Bonjour
avez vous connaissance d’affaire judiciaire dans lesquelles un enfant conçu en vue d’aider un frère ou une soeur malade refuse, après un certain age, les procédures médicales qu’il subit a cette fin?
je pense par exemple à un refus de greffe, ou plus généralement à un conflit d’intérêts entre les intérêts de l’enfant-médicament et les intérêts des parents et de l’enfant malade.
Si oui pourriez vous m’en donner les références?
merci
Petit clin d’oeil en forme d’humour noir sur :
http://douillon.canalblog.com/
Bons Sourires
Jean Patrick
Je vous souhaite un bon mercredi