Le retour des « ventres à louer » et des sorciers de la vie (261)

 

avocats006_53.1185292579.gifAvec les lois sur la bioéthique de 1994 certains croyaient bien avoir définitivement refermé le dossier des « mères porteuses » c’est-à-dire du recours à des femmes pour accueillir le temps de la gestation l’ovule fécondé d’une autre femme. Ceux-là se trompaient. En ces matières aucun sujet n’est jamais définitivement clos. Et en tout cas, il appelle les pouvoirs publics à dire la loi donc à affirmer des repères. Je ne dévie pas d’un poil sur ce point (1).

Le sujet redevient d’actualité à travers le travail d’une commission sénatoriale qui devrait nous indiquait-on ce soir dans les grands journaux télévisés proposer de revenir sur l’interdit et de légaliser cette pratique.

Un argument pragmatique est avancé : 400 femmes françaises partiraient chaque année sous d’autres cieux pour « bénéficier » de cette technique. Il faut donc s’aligner sur les pays qui autorisent afin d’éviter ces transferts et éviter les difficultés qui résultent ensuite pour ces femmes et leurs époux ou amis, sinon pour les enfants, qui auront moult difficultés à faire reconnaître par la justice leur maternité sans accouchement.

Et puis pourquoi empêcher ce don de vie d’une personne qui peut porter un enfant à une personne qui ne le peut pas. Si on ne peut plus rendre service dans ce monde de sauvages ! Qui plus est le plus beau des cadeaux : un enfant.

On ajoute bien qu’il serait utile de prévoir une compensation financière pour la femme qui porte l’enfant en dédommagement de ce qu’elle va devoir supporter pendant quasiment 9 mois. Après tout gérer une maternité peut être un plaisir pour certaines comme d’autres trouvent du plaisir au travail, mais c’est aussi une responsabilité. Et puis, lâchons le mot, toute peine mérite salaire ! Il y a 15 ans on le chiffrait à 50 000 francs soit à peu près 7 000 euros. Restait pendante la question de savoir si cette somme devait être déclarée et imposable comme tout revenu ! Quel sera la tarif aujourd’hui de ce service ?

Il va de soi qu’avant de sauter à pieds joints sur cette pratique qui veut que l’on mette la science au service du désir on peut, on doit s’interroger. Porter un enfant pour le compte d’autrui, c’est autre chose qu’un don d’organe.

Ne nous attardons pas sur le fait que l’être humain doit rester hors du champ du commerce et que tout ne peut pas ici être admis. On se souvient qu’un temps aux USA on voyait durant le week-end des couples commander sur catalogue du sperme pour pallier les carences de Monsieur et le lundi matin arriver la camionnette du laboratoire livrant un container fumant d’azote et contenant la précieuse éprouvette avec une pipette afin que Monsieur pratique l’insémination sur Madame. On a vu aussi des officines d’avocats recourir aux services de professionnelles du port pour autrui, des jeunes femmes qui gagnaient leur vie en portant un enfant comme on accomplissait un mission en intérim! Il ne fallait pas gratter beaucoup pour voir que l’on avait à faire à des femmes elles-mêmes en grande difficultés psychologiques et parfois exploitées par des hommes, tout simplement leur mari ou ami.

Ne parlons pas de la représentation de la femme ramenée un simple corps d’accueil quand on nous martelait voici quelques décennies l’importance de la vie intra-utérine pour la structuration à venir de l’enfant. « Chérie faisons lui écouter du Mozart pour qu’il soit musicien ! »

Parmi les questions fondamentales qui expliquent les problèmes juridiques rencontrés à travers la pratiques des « ventres à louer » il y bien celle de la filiation que l’on croise à nouveau.

La maternité est-elle ?

1          biologique : le fait de fournir un ovule c’est-à-dire une partie du patrimoine génétique de l’enfant ;
2          gestatrice : le fait de porter l’enfant c’est à dire de le développer le fœtus ;
3          factuelle : le fait d’accoucher, c’est-à-dire de donner la vie
4          affective : le fait de reconnaitre un enfant comme sien et de lui porter l’affection d’une mère, en tous cas d’exercer les responsabilités maternelles
5          adoptive : le fait d’être tenu comme la mère par le droit.

D’une réponse claire, nette et carrée on est monté aujourd’hui à cinq types de filiations maternelles qui peuvent être dissociées. Jusqu’ici la femme qui avait une relation sexuelle – on recommandait que cela se passe dans le mariage – pouvait voir un de ses embryons fécondé. D’ailleurs, généralement, elle souhaitait qu’il en soit ainsi et son homme l’acceptait bien volontiers ; cette femme accouchait de l’enfant, elle reconnaissait son enfant et en devenait la mère juridique. Napoléon ne connaissait qu’une mère celle qui accouchait. C’était même sa seule certitude dans le champ de la filiation. Il lui avait fallu instituer une présomption pour la filiation paternelle : le mari est censé être le père de l’enfant dont sa femme accouche. On sait aujourd’hui que pour 6 à 15% tel n’est pas le cas. Mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui.

Avec l’adoption introduite en 1923 on a fait primer la volonté consacrée par la justice : un lien se substitue ou s’ajoute au lien de filiation biologique.

Avec la légalisation de la pratique des mères porteuses on viendrait dire qu’un enfant n’est pas celui de la femme qui le porte car elle ne le veut pas – la volonté dénie le fait – mais celle qui lui a donne ses gènes.

Demain on aurait des cartes d’identité variables avec sous la rubrique « mère » : mère biologique!

La voie sur laquelle on veut nous engager est lourde de conséquences sur le devenir de la filiation maternelle. Là encore, je ne crois pas que pour satisfaire le désir de 400 couples ou femmes d’être parents il faille tout remettre en cause.

Faut-il laisser le pouvoir aux sorciers de la vie ? Je ne le pense pas.

En écho au docteur Frydman qui exprimait ses réserves, j’entendais ce soir sur France 2 un médecin avancer qu’il fallait être pragmatique et décider au cas par cas. Selon la somme en jeu ?

Est-ce que parce que dans certains Etats on cède à des lobbies que nous devons également succomber ?

Tout n’est pas à vendre ou à acheter; surtout pas la vie.

En tous cas la boite de Pandore va s’ouvrir. Place au débat.

(1) On retrouvera avec intérêt, premier du nom sur ces questions, le rapport au Premier ministre « Les nouvelles procréations » remis en 1987qui me semble-t-il reste d’actualité commis avec quatre co-auteurs dont le pr Catherine Labrusse.

69 réflexions sur « Le retour des « ventres à louer » et des sorciers de la vie (261) »

  1. Au sujet des lobbies de toutes sortes, il y a de nombreuses dérives ! Que ce soit religieux culturels politique etc et bien évidemment jusque dans le médical puisqu’il y a aussi une connotation d’argent vraiment sale, crados, et cela passe mieux dans le domaine soi disant de la santé, des pratiques plus que douteuses dans le service public et privé venant de femmes et d’hommes, c’est vénal.

  2. Votre blog : Droits des enfants
    voilà ce que l’on fait à un petit garçon pas uniquement de petite(s) fille(s) : http://www.lefigaro.fr/actualite-france
    l’empêcher de s’exprimer..carrément du sparadrap sur la bouche visible sur la photo mais au quotidien invisible.
    mALTRAITANCE D’enfants : les cas de conscience des juges
    Malgré des constats de mauvais traitements, un juge a autorisé le retour d’un enfant dans sa famille. Le bébé est mort deux mois plus tard.

  3. Comment réagira un enfant apprenant qu’il a été conçu ainsi et qu’il a été l’objet d’un échange commercial ? L’amour du couple adoptant ne peut pas tout…

  4. Il y a des officiers d’état-civil qui risquent de bien rigoler, dans un futur proche.
    Les « parents bio » vont-ils devoir adopter l’enfant de la mère porteuse ?
    (existera t-il un label, une AOC « parents bio » avec certification européenne?)
    La mère porteuse devra t-elle accoucher sous X ?
    Si la mère porteuse décède pendant la grossesse les parents bio pourront-ils récupèrer leur investissement financier ?
    Cet investissement pourra-t-il donner lieu à une réduction d’impôts ?
    Il y aura donc des personnes qui ne seront pas sorti du ventre de leur mère (homme nouveau, je tends le dos) Bienvenu à la question des origines.
    La passionata enchainée de l’UMP a t-elle considèrée le fait qu’avant l’accouchement « on » se retrouve avec une femme enceinte et qu’après l’accouchement on se retrouve avec un enfant sorti du ventre de cette femme là? Je reste « père plexe »
    A mon avis la réthorisation soviètisante habituelle ne permettra pas de débattre lucidement de ces questions là.
    Il y a de la faille dans l’air ; la faillite n’est pas la rupture, la banqueroute n’est pas la réforme.
    (après tout il s’agit peut-être de la tactique en cours depuis un an : faire diversion sur des sujets à forte charge émotionnelle, symbolique,…, reculer tout en ratiboisant, dans le même temps dans le champ voisin que personne ne surveille. Exemple, on crée la polémique sur la prise ne charge de certaines ALD, on recule tout en supprimant dans le même temps la télévision publique)
    Je ne peux m’empêcher de me dire que certains que je connais, flairant la bonne arnaque potentielle, sont en train d’élaborer une argumentation pseudo-scientifisante (montée à grand coup de métempsychose intergalactique et de vulcanologie de bistrot) pour promouvoir l’accouchement dans un sauna avec surveillance sous electromètre.

  5. …promouvoir l’accouchement dans un sauna avec surveillance sous electromètre, pour les mères porteuses, s’entend. (Question du jour : mère porteuse ou mère pondeuse ?)

  6. « le plus beau des cadeaux : un enfant »
    On croirait lire un magazine de potins !
    Faut-il que des gens aient une vie inintéressante, vide d’aventures et de passions, pour être à ce point prêts à tout pour se reproduire ! Et ceci à une époque ou la surpopulation humaine est le problème majeur, qui mène à la catastrophe.

  7. Cette pratique (attestée au moins depuis Abraham) ne va pas sans poser des problèmes dans les familles (par exemple, celle d’Abraham, justement). Entre le déficit de femmes de certains pays d’Asie, les désirs d’enfant refusant toute contrariété en Occident et la nécessité pour un bon nombre de femmes de survivre un peu partout, il est évident qu’elle a un grand avenir devant elle.

    A vrai dire, dans une société où seule la naissance dans un mariage en bonne et due forme rend les enfants héritiers légitimes, les mères porteuses se font rares et les femmes entretenues le sont pour d’autres raisons. Mais quand cette condition n’est pas nécessaire, le recours à des concubines pour assurer la présence d’un fils est assez fréquent. Charlemagne ne lésinait pas dans ce domaine…

    Il ne s’agit donc pas du tout d’une révolution des mœurs due au progrès technique, mais du retour d’une pratique ancienne. La différence, c’est qu’en Occident, nous insistons pour que tout ce qui est lié au couple et à ses enfants soit une question d’amour, alors que dans la plupart des sociétés, il s’agit d’abord et avant tout d’un problème de transmission d’héritage. L’influence pernicieuse du christianisme y est peut-être pour quelque chose, mais c’est là un autre débat.

    Par ailleurs, tout ceci me laisse perplexe. A quel titre exactement interdit-on aux femmes de donner les embryons qu’on les autorise à détruire ? Quelle est la justification juridique de ce fait ? N’y a-t-il pas là une incohérence ?

  8. Am,

    On voit l’ignorance crasse de la plupart des propos tenus: vous mélangez procréation pour autrui (la femme qui porte l’enfant pour autrui donne aussi son ovule) et gestation pour autrui (la femme qui porte l’enfant pour autrui n’a aucun lien génétique avec lui). Si le premier cas de figure existe depuis la nuit des temps par le biais d’une forme utilitariste de l’adultère et a évolué ensuite vers une exonération du rapport sexuel par l’utilisation de l’insémination artificielle, le second cas de figure nescessite une fécondation in vitro et n’existe que depuis 1985. Il est évident que l’on ne peut comparer les implications psychologiques de ces diférents cas de figures.
    On voit bien le parti pris de certains qui évoquent des problèmes avec la Fécondation In Vitro, alors que toutes les études disent le contraire. En fait, c’est un amalgame fait avec le don de sperme, qui du fait de l’anonymat instauré en France, pousse la plupart des familles à taire l’histoire du donneur qui leur est également inconnue. Ceci crée alors une situation de secret de famille qui est préjudiciable pour toutes les personnes concernées. On retrouve d’ailleurs le même schéma dans l’adoption. Dans le cas de la gestation pour autrui, la donneuse de gestation ne peut être inconnue des parents intentionnels du fait des multiples contacts qu’ils ont avant, pendant et après la grossesse. C’est aussi pourquoi quasiment tous les parents expliquent à leurs enfants leur condition de naissance, c’est à dire qu’une tierce femme a donné son aide pour leur venue au monde. Pourquoi cacheraient-ils un acte positif ? Cet absence de secret de famille explique sûrement pourquoi toutes les études sur l’épanouissement et le développement psychosocial des enfants nés par gestation pour autrui est au moins égal à ceux d’autres enfants nés sans aide médicale. S’il existe quelques personnes qui se soucient de l’intérêt de l’enfant, ceci devrait les rassurer.

  9. Il serait bien de faciliter les demarches administratives en France pour les couples ayant un enfant de cette maniere a l’etranger. Etre reconnu parent dans un pays et pas dans l’autre pose des problemes.

  10. Tant qu’à verser une somme d’argent à la femme qui va « porter l’enfant pendant neuf mois », on devrait aussi en verser une à celle qui va le supporter pendant plusieurs décennies…

  11. Catherine Dolto veut mettre les mères porteuses indiennes, russes, noires au chômage.
    Voir son remarquable article dans le (moins remarquble mais bon) journal Le Figaro.

    (Il va de soi que cet article reste valable même pour les cas où la mère porteuse ne disparaît pas après avoir livré les bébés et même dans les quelques cas où elle n’est pas rémunérée…)

    Extraits :
    « Peut-on accepter que le désir – la «nécessité», disent certains – d’avoir un enfant porteur de mêmes gênes que soi pousse un couple d’humains à le produire et le commander comme on le ferait d’un objet ou d’un animal de compagnie ?
    On peut souffrir de ne pas pouvoir avoir d’enfants et l’adoption n’est pas toujours facile. Mais il y aura toujours des enfants à aimer, à soutenir, à accompagner, même sans lien de parenté avec eux. Sans possession. Que signifie ce «droit à l’enfant» brandi aujourd’hui comme une évidence ?
    La France envisage aujourd’hui de légiférer dans l’urgence sous prétexte que d’autres pays l’ont déjà fait. L’exemple de la Russie où des femmes riches font porter leur enfant par une autre devrait faire réfléchir… Ce qui est en cause, c’est le statut de l’enfant comme sujet. En le traitant en objet convoité, auquel chacun a droit s’il peut payer, en lui proposant comme premier lien affectif, fondateur, un marché de dupes entre ses parents et une femme qui accepte d’être ainsi utilisée un temps pour disparaître ensuite, c’est l’humanité même de l’enfant que l’on met en péril.
    La situation de l’enfant né d’une mère porteuse n’est pas comparable avec celle de celui qui est abandonné puis adopté. Ce dernier est conçu naturellement, même si c’est dans les conditions difficiles, sans projet d’abandon. Ce qui constitue une rupture éthique dont nous devons mesurer la gravité, c’est le nouage, au même instant, d’une procréation manipulée par la technique médicale et d’un abandon programmé. C’est dans l’intention que se joue l’essentiel. Cela se pratique déjà tous les jours chez les éleveurs qui veulent obtenir des animaux de qualité.
    Et que dire d’une société qui ne veut pas voir ce que signifie pour une femme le fait d’«offrir» son corps pour une transaction économique dont un enfant est l’enjeu ? Comment croire que celles qui le feront contre un simple dédommagement le feront par pur altruisme, dans la limpidité d’un don de soi et de l’enfant qu’elles auront porté, dans un acte exempt de complexités névrotiques potentiellement pathogènes pour elles, pour leurs autres enfants et pour celui qu’elles auront ainsi abandonné ? On dépasse là le cap de l’enfant objet. Permettre que l’enfant soit «commandé» et payé pour être conforme, dans son ADN, au lignage parental, c’est tirer le groupe humain que nous sommes, vers sa «mammiferité» plutôt que vers son humanité. C’est nier les avancées qui ont été faites dans la connaissance de la petite enfance durant ces trente dernières années.
    Vers 1975, le nouveau-né était encore souvent considéré comme un tube digestif vaguement sophistiqué, sans émotions ni sentiments. Chercheurs et cliniciens du monde entier ont prouvé depuis combien cette vision erronée est pathogène. Ils ont validé les certitudes que certains psychanalystes avaient avancées dès 1939, disant que l’éducation commence bien avant la naissance. En effet, la vie affective du petit humain est intense dès son plus jeune âge. On sait maintenant qu’il n’y a non pas une, mais des mémoires. Ces mémoires multiples, inscrites dans la chair, influencent notre manière d’orienter nos vies. Tout être humain est en partie modelé par son histoire et celle de ses parents. Ses émotions pendant sa gestation laissent des traces profondes qui se manifesteront en terme de santé physique et psychoaffective au cours de sa vie.
    L’accompagnement haptonomique de la grossesse et de la petite enfance nous apprend beaucoup en ce domaine. Dès sa vie prénatale, l’enfant est curieux du monde qui les entoure, lui et sa mère. Bien avant d’avoir une audition, il perçoit les vibrations des sons. Très vite, il discrimine les voix. Ces traces mnésiques vocales perdurent étonnamment longtemps. »

  12. Le magazine Elle n’est pas qu’une compilation de pages de beauté, de mode ou de conseils pour réussir sa vie sentimentale, loin de là. On y trouve aussi des informations qu’on ne trouve pas ailleurs et du politiquement INincorrect comme cet article. Il ne s’agit pas d’aspects théoriques de la Gestation Pour Autrui, mais bien de mères porteuses et des médecins qui les ont rencontrés, en France et au Royaume-Uni. Récits qui tranchent avec les belles histoires souvent mises en avant :

    http://www.elle.fr/elle/societe/les-enquetes/meres-porteuses-ce-qu-on-ne-dit-pas/(gid)/862517

    Le lien ne marche peut-être pas très bien.
    Taper sous Google : « meres porteuses ce qu on ne dit pas ».

    Extraits :
    « On sait néanmoins qu’elles ont entre 25 et 35 ans en moyenne, qu’elles viennent de milieux sociaux défavorisés ou systématiquement moins élevés que les parents commanditaires, qu’elles tombent enceintes facilement, qu’elles trouvent dans l’état de grossesse une justification sociale qu’elles n’ont pas ailleurs et une valorisation narcissique dont elles manquent et, enfin, qu’elles mettent toujours l’altruisme en tête de leurs motivations.
    « Certaines ont été adoptées enfants, et réalisent par ce geste généreux un contre-don de ce qu’elles ont reçu », explique Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste française qui milite pour cette pratique.
    « Si elles ont été adoptées, et qu’elles se lancent dans cette aventure qui n’est rien d’autre qu’un abandon de bébé surprémédité, c’est au contraire qu’elles sont dans la répétition mortifère et inconsciente de leur histoire ! » rectifie Myriam Szejer.
    Il y a quelques années, Monique Bydlowski a commencé une étude sur ces candidates à la location de leur utérus en France : « J’en ai vu dix-neuf en consultation, témoigne-t-elle encore effarée. Elles avaient entre 18 et 25 ans, une seule avait plus de 35 ans. Toute la détresse du monde, économique, psychologique et sociale, s’est abattue dans mon bureau. La plupart avaient des problèmes de papiers, aucune ressource, aucune perspective de travail, et étaient en rupture familiale. Malgré toutes les histoires qu’elles se racontaient, l’argent était leur seule motivation. »

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