Homosexualité et adoption : rien de nouveau sous le soleil (346)

avocats0061.1256119056.gifLe tribunal administratif de Besançon vient donc d’annuler la décision du Conseil général du Jura qui refusait l’agrément à une femme pour être candidate à l’adoption au prétexte de sa sexualité; E n l’espèce elle revendiquait haut et fort son homosexualité et de vivre en couple.

Il convient de rappeler que l’adoption d’un enfant confié à un service de l’Aide sociale à l’enfance, à une œuvre habilitée ou un enfant venant de l’étranger  suppose que le candidat à l’adoption ait reçu prélablement un agrément à cet effet.

Le tribunal affirme – réaffirme serait plus exact – une jurisprudence administrative bien assise selon laquelle les orientations sexuelles d’un homme ou d’une femme ne doivent pas être prises  en compte pour l’agrément.  Au final l’adoption est prononcée par le tribunal de grande instance.

En revanche, mais c’est une autre sujet, un comportement sexuel  pourrait amener à s’interroger  sur l’opportunité de confier un enfant à cette personne. Encore faudrait-il être assuré de ce que les conditions de vie faites à l’enfant seraient préoccupantes. Ainsi rien ne doit interdire, par principe  à une jeune femme d’adopter alors quelle se prostitue, mais si l’on peut craindre que l’enfant soit plus ou moins embarqué dans un univers prostitutionnel,  il faudrait savoir renoncer à ce projet d’adoption.

Dans le passé d’autres décisions administratives sont déjà venues sanctionner des refus d’agrément de présidents de  conseils généraux (dans le Doubs notamment).

Donc rien de véritablement neuf sous le soleil  avec le jugement de Besançon malgré les gros titres des journaux qui y voient une avancée substantielle dans la reconnaissance du droit à adopter des personnes homosexuelles!

En vérité il convient immédiatement de nuancer singulièrement deux types d’informations diffusées dans la foulée.

Tout d’abord avoir un agrément ne signifie pas que l’on va adopter. Ne parlons pas du cas particulier qui donne prétexte à réflexion car la jeune femme est aujourd’hui âgée de 48  ans – âge objectivement déjà avancé pour adopter –  et surtout il faudra encore vérifier si un enfant de ce département du Jura est dans le besoin de l’environnement qui lui serait ainsi proposé

Si l’on reste dans le registre général, deux difficultés peuvent se présenter, sinon trois

1)                  L’agrément n’entraine pas juridiquement  nécessairement adoption. Il est nécessaire, mais insuffisant. Le tribunal, judiciaire cette fois-ci, qu’est le Tribunal de Grande Instance devra au final consacrer le nouveau lien de filiation et il  peut toujours refuser l’adoption une fois qu’un enfant a été confié à la personne retenue.

2)                  Il n’est pas évident qu’il y ait des enfants à adopter dans le ressort de l’agrément. Je rappellerai qu’il y a en tout et pour tout, et il faut s’en réjouir 2 300 enfants pupilles de l’Etat en France et donc à ce titre adoptables. Ces enfants souvent âgés, présentant des particularités, fréquemment de couleur de peau ou en fratrie, intéressent guère les gens qui veulent adopter et tout logiquement au regard de leur parcours veulent adopter un enfant très jeune, plutôt un bébé, de type européen et en bonne santé.  En 1900 il y avait 1250 000 pupilles de l’Etat, 40 000 encore en 1980, 20 000 en 1990.

3)                  Dans ce contexte de pénurie d’enfants adoptables rien ne dit que les services administratifs  ne préféreront pas orienter un enfant en recherche de famille vers un couple hétérosexuel  plutôt que vers une personne célibataire ou vers une personne se revendiquant homosexuelle  vivant en couple. C’est le besoin de l’enfant de chair et de sang qu’ils ont en charge qui doit les guider. Un enfant peut avoir le besoin d’un couple; un autre pas.

Deuxième erreur d’analyse de certains commentateurs dans les médias : la décision de Besançon ne vaut pas droit pour les couples homosexuels d’adopter ce qui est la vraie et grande revendication du moment. La question reste posée.  La loi  ne permet pas actuellement de créer une double filiation paternelle ou maternelle : il faut un père et une mère.

Le gouvernement – avec un certain courage reconnaissons-le – reste hostile à l’adoption par un couple homosexuel. Il n’a pas manqué de rappeler dès hier qu’il n’était pas question de changer de positionnement.

Même si cette approche est inaudible par certains il faut continuer à affirmer que

1° l’adoption de mineur d’âge n’est pas là pour satisfaire une personne ou un couple, mais un enfant sans famille. Maintenant si cela est possible pourquoi ne pas répondre aux deux attentes : celle de l’efnant qui en en étant privé a besoin d’une famille ; l’attente de celui ou de ceux qui, sans enfants, au regard d’un projet familial souhaite(ent) en accueillir.

Depuis 1984 tout enfant a le droit d’être adopté même s’il présente des handicaps. Jusque-là seul un enfant en bonne santé pouvait être « servi à l’adoption » pour reprendre l’expression utilisée par les services sociaux. En revanche, la loi ne consacre toujours pas  au bénéfice des adultes  – et comment pourrait-elle le faire à défaut de pouvoir en garantir l’exercice concret ? – un droit à adopter.

2° la création d’un lien juridique entre un enfant et deux hommes ou deux femmes, sachant que cet enfant peut avoir  et a généralement un père et une mère, n’est pas une chose banale au regard de notre organisation sociale. Les règles de la filiation sont essentielles dans la société. Poussons-le bouchon : si l’on se détache de la référence paternelle et maternelle pourquoi ne pas admettre que trois personnes ou quatre forment une famille et accepter que ces trois ou quatre là puissent adopter le même enfant ?

Un couple de personnes du même sexe peut élever tout à fait correctement un  enfant ; et l’on peut admettre que celui ou celle qui n’est pas le père ou la mère biologique ou juridique se voit délégué des droits d’autorité parentale sur lui. C’est d’ailleurs ce que la justice fait petit à petit. Les penchants sexuels n’ont rien à voir avec la capacité à élever un enfant.

On nous assure qu’aujourd’hui, en France, 35 000 enfants seraient élevés par des couples homosexuels. Je ne sais pas d’où vient ce chiffre et quelle est sa fiabilité, mais admettons ! L’argument développé veut alors de dire que ce fait doit désormais créer le droit, sinon beaucoup d’enfants vont en pâtir ! L’argument est bien sûr spécieux.

Mais la réponse est simple : notre droit actuel permet  déjà de consacrer les responsabilités d’un adulte sur un enfant. Aujourd’hui, comme je l’ai déjà relevé,  on peut atteindre ce résultat  par délégation partielle de l’autorité parentale ; demain avec le statut des tiers  en cours d’élaboration on améliorera sans doute ce jeu de responsabilités. (Reste seulement à trancher entre les trois propositions sur table)

Faut il aller jusqu’à donner deux pères légaux ou deux mères légales à un enfant en plus de ses géniteurs ? Personnellement  je doute que ce soit « l’intérêt supérieur de l’enfant » visé à l’article 3 de la Convention internationale sur les droits de l’enfant.

217 réflexions sur « Homosexualité et adoption : rien de nouveau sous le soleil (346) »

  1. Mais je souris en pensant au petit bout de chou que ma soeur et sa copine vont bientôt avoir !

  2. Il serait intéressant que les couples homosexuels réfléchissent à l’éventualité d’un monde composé uniquement de couples homosexuels… L’homosexualité est l’expression d’une détresse intérieure. Il faut avoir l’humilité de le reconnaître. Ce choix de vie est souvent réactionnaire, suite au vécu de l’individu. En fouillant dans la vie de chaque homosexuel, vous y trouverez de la détresse, de la rébellion, mais surtout de la souffrance…Beaucoup de gays et lesbiennes veulent sortir de ce lien car ils sentent en eux-mêmes que cela n’est pas normal, mais ils ne savent comment faire…Pourtant, cela est possible!
    L’ enfant n’a pas uniquement besoin de jouets, de nourriture, d’habits, d’un lit et d’amour… Il a aussi besoin de « valeurs de vie » qui guideront sa destinée et celles-ci sont aussi transmises à travers sa propre observation de son environnement. Respectons l’enfant et offrons lui un environnement sain, un environnement de plein épanouissement, un environnement qui n’est pas déjà « orienté ». Il aura toute sa vie pour faire ses propres choix.
    Le poids et la douleur de l’abandon sont déjà lourds à porter. Par amour et respect, n’ajoutons pas un autre poids sur son dos: celui de ne pas avoir un père et une mère.
    Rappelons nous que l’on peut être de bonne foi, mais dans l’erreur.

  3. Publius, vous êtes lamentable dans votre argumentation. Comme si tous ceux qui s’opposent à l’adoption d’enfants par des couples homos étaient, comme vous le décrivez, des monstres sans cœur. C’est ce que vous cherchez à faire croire dans votre commentaire, et si c’est là vos arguments pour défendre les homos, ben c’est pas gagné.
    Je reste persuadé, à charge du contraire, qu’un enfant a besoin d’un père et d’une mère, et avoir deux mères ou deux pères aimants, ne sera pas forcément évident à vivre => « Pourquoi je suis différent ? ». Au moment crucial de la construction de son identité, quels sont les repères de l’enfant ?
    Non, je ne suis pas pétainiste, peut-être un peu homophobe (de « phobos », la peur, => de la différence), parce que je n’ai pas de connaissances homo (encore que, j’ai un ami qui a plus ou moins fait son « coming-out », comme ça se dit), mais jamais je ne dirai à mes enfants de cracher sur les autres, parce qu’ils sont différents.
    Cela dit, aimons nous les uns les autres, et apprécions la diversité sans l’adversité.

  4. pour destalink : votre demande trouve déjà une réponse dans le long que j’ai envoyé plus haut (ça dissipera vos pseudo-doutes)

  5. J’avoue être un peu surprise par certains éléments de raisonnement présents dans cet article comme, par exemple, le rapprochement entre la prostitution et l’homosexualité, ou bien la question de savoir ce que donnerait une adoption d’un enfant par trois ou quatre adultes… ne dit-on pas parfois qu' »il faut tout un village pour élever un enfant »? Dans certaines familles, il existe plusieurs figures maternelles et plusieurs figures paternelles et je ne pense pas que l’enfant s’en trouve plus mal.
    Ce qui me frappe, moi, dans l’histoire du combat de ces deux personnes c’est d’une part la manière dont il est relaté par la presse: il ne s’agit pas d’un agrément donné à un couple homosexuel, il s’agit d’un agrément donné à une célibataire, dont on indique que celle-ci n’a pas à être jugée sur ses préférences sexuelles. C’est très différent. D’autre part je note également que le combat de ces femmes est beaucoup plus un combat militant de l’homosexualité qu’un combat pour l’adoption. Du point de vue de l’adoption, elles ont en effet perdu une dizaine d’années de leur vie (on n’est pas le même parent à moins de quarante ans qu’à près de cinquante!) pour un agrément qu’elle ne pourront sans doute pas utiliser. Car – dernier point – la question n’est pas de savoir si leur CG leur confiera un enfant, de ce côté là, aucune chance, la question est de savoir vers quel pays elles vont pouvoir se diriger avec un agrément obtenu au TA et mentionnant explicitement leur homosexualité. Elles ont eu une dizaine d’années pour s’informer sur l’adoption, j’imagine qu’elles savent qu’elles n’ont aucune chance – si elles ne se sont pas informées, eh bien, raison de plus pour penser que ce n’était pas l’adoption qui les intéressait…
    Aucune inquiétude, donc, quant à l’enfant qui pourrait leur être confié, elles ne sont pas près de le trouver! Quant à tous les enfants qui sont adoptés en monoparental, par un parent seul ou accompagné, hétéro, homo ou bi… il est probable qu’ils vivent des situations aussi variées que leur couleur peut l’être, qu’ils les vivent plus ou moins bien, qu’ils le font savoir ou pas… comme tous leurs congénères des cours de récréation. S’ils rencontrent un peu plus de difficultés que les autres (ce que nous ne savons pas, faute d’études sur la question), ils ont des parents qui, comme le dit Rufo, s’occupent d’eux un peu plus que la moyenne et les emmènent chez le psy aussi souvent que nécessaire. Il me semble qu’il est donc probable que, grosso modo, ils s’en sortent à peu près aussi bien que les autres!

  6. Merci beaucoup Jonathan de Mix-Cité Nantes,grâce à vos explications,vous m’avez fait économiser 1000 euros de psychanalyse! 😉 Et dire que je pensais être heureuse… 😉

  7. C’est rigolo ca me fait penser que mon père (agé de 50 ans) n’a pas de souvenir de son propre père lorsqu’il était enfant parce que mon grand père (comme de nombreux autres ouvriers à l’époque) cummulait les boulots, revenait à la maison après qu’il se soit couché et repartait bien avant qu’il soit levé.
    En un sens, on peut donc dire qu’il a été élevé par une famille monoparentale.
    Seulement à l’époque (année 60) et dans le village ou il habitait (nogent sur marne) la vie de quartier était telle que les enfants jouaient ensembles dans la rue, surveillés (et éduqués) par un groupe de mère.
    En un sens, on peut donc dire qu’il a été élevé par une famille de lesbiennes polygammes.
    Comme quoi faire appel « au bon vieux temps » et aux « valeurs de nos familles traditionnelles d’antant », simplement pour justifier ses propos sexistes (et par extension homophobes)….c’est un peu du grand n’importe quoi !

  8. @ François : la détresse et la rébellion viennent souvent de la stigmatisation que ces personnes subissent par leur entourage et par le poids de cette société héteronormée. Il ne faut pas y voir une cause, mais le symptôme d’un mal-être.

    J’ajouterais que j’ai rarement rencontré des homos ou des hétéros pleinement épanouis et ignorant la souffrance et les questionnement existentiels. Pourtant selon votre logique, seuls les seconds auraient le droit d’adopter? Pourquoi?

    Quand à cette histoire de perturbation de l’esprit de l’enfant, de l’obligation de lui offrir un « environnement sain » (quelle définition pourriez-vous donner à ce terme d’ailleurs?), cette votre vision des choses, encore une fois fortement hétérocentrée, subjective, et sans valeur scientifique. Comme je l’ai dit dans mon autre commentaire, les gamins de la récré n’iraient pas insulter un de leur camarade élevé par des homos si leurs parents n’étaient pas des homophobes patentés qui rejettent ce schéma familial.

    Vraiment, il faudrait quand même se rendre compte à un moment que la question de « l’environnement sain » et de la faculté d’être ou non de bons parents n’a rien à voir avec la question de l’homoparentalité…

  9. Scandaleux d’assimiler l’homosexualité à la prostitution ! Comment un juge peut-il faire cet amalgame ? Un juge ou un misogyne ?

  10. François: +1 meme si je suis pas d’accord sur tous les points. (Est-ce vraiment systématiquement une détresse,c’est peutetre juste un choix de vie..)

    Cela dit, j’aime votre idée qu’un enfant doit grandir dans une base équilibrée (« saine » comme vous dites bien que ce mot puisse faire débat) et que c’est à lui de choisir sa propre voie plus tard.

    Sinon à terme et sur plusieurs générations, on peut en arriver a deformer la réalité. (ie: un enfant doit choisir son propre mode de vie, celibataire, hetero, homo, libre à lui. Ca ne doit pas etre dicté par ses parents).
    Tout a fait d’accord que des parents hétéro ne doivent pas forcer leurs enfants a etre hétéro.
    Mais l’inverse ne doit pas arriver non plus : des parents homo ne doivent pas « forcer » (inconsciemment sûrement, juste parce que l’enfant grandit dans ce milieu) l’enfant a devenir homo plus tard.

    ils doivent avoir les memes chances de choisir ce qu’ils doivent réellement devenir.

  11. Chêne non seulement vous ne semblez pas capable de comprendre un article mais en plus vous ne semblez pas savoir ce que veut dire « misogyne » puisque vous l’employez de cette façon …

  12. @ destalink, si on suit votre logique on devrait confier l’éducation de nos enfants à des robots aséxués….c’est carrément novateur 😉

  13. Publicus peut être que c’est tout simple vous qui attirez la stupidité de part vos propres propos!
    Vous vous permettez de traiter ce qui ne sont pas d’accord avec vous d’homophobe? Mais c’est un peu facile ce raccourci dites donc.

    Ne pas être d’accord avec l’adoption par les homosexuels ça n’est pas de l’homophobie ni de l’archaïsme mais du respect de l’enfant qui a un père et une mère et qui n’a pas à être utilisé et instrumentalisé sous prétexte d’égalitarisme afin de lui adjoindre 2 pères ou 2 mères purement fictifs.

    Que ça ne vous plaise ou non Publius un enfant ça reste le descendant d’un père et d’une mère et non pas de 2 pères ou de 2 mères; ça n’est pas de l’homophobie mais c’est la réalité

  14. @eric: sauf que jusqu’à preuve du contraire les enfants viennent de couples heteros, on peut donc leur accorder cette exception 😉

  15. Voici l’article brandi par Mike pour critiquer la monoparentalité (cf. ci-dessous) et par voie de conséquence (selon lui) relativiser la valeur de la famille « homoparentale ». Or, cet article ne dit pas que les prbs liés à la monoparentalité proviennent de l’absence d’un parent (et du référent paternel/maternel) mais des conséquences sociales et économiques de la monoparentalité. Donc Mike, rien à voir avec la choucroute :
    Les mères seules sont elles-mêmes en moins bonne santé. Leur progéniture aussi: pourquoi?

    Une étude suédoise parue dans la revue The Lancet du 25/02/03 tente de répondre à cette question. C’est un travail important: étude longitudinale, couvre une population presque complète ( presqu’un million d’enfants de plus de 9 ans ), croise les registres nationaux avec des données socio-économiques complètes et les marqueurs de santé( mortalité, morbidité grave, séjours hospitaliers ).

    Résultats: après contrôle des facteurs de confusion, les enfants élevés par une mère seule sont 2 fois plus exposés aux risques de maladie psychiatrique, de suicide, d’alcoolisme. Ils se droguent 3 fois plus souvent et ont une mortalité  » toutes causes  » augmentée. Tout ceci par rapport aux enfants qui ont leur 2 parents.

    Le problème reste: pourquoi et comment?. Les investigations incriminent souvent le manque de ressources, mais par quel mécanisme des ressources insuffisantes induisent-elles un risque plus élevé de mauvaise santé?

    Les comparaisons entre pays laissent entrevoir des mécanismes différents.

    Des difficultés financières pourraient déterminer de l’anxiété, de la dépression, un isolement social d’où maladies psychiatriques et stratégies de lutte contre l’adversité: alcoolisme, consommation de drogues, tabagisme. Ce mécanisme a été démontré au Royaume-Uni.

    En Suède, la majorité des foyers monoparentaux n’ont pas de difficultés financières comme leurs équivalents au Royaume Uni. Dans une étude comparant les mères seules dans ces 2 pays, moins de 10% en Suède étaient pauvres ( le critère de pauvreté était le suivant: disposer de moins de 50% du revenu médian ).

    Le Système Social en Suède protège largement les mères seules du chômage et de l’indigence, contrairement au Royaume-Uni où la majorité d’entre elles est pauvre, malgré l’aide sociale.

    Les problèmes de santé observés chez les enfants de familles monoparentales peuvent donc s’expliquer par la pauvreté au Royaume-Uni, mais en Suède il n’en est probablement pas de même.

    Il faudra d’autres études pour saisir les subtilités des voies multiples qui conduisent à un plus mauvais état de santé dans des sociétés spécifiques: c’est nécessaire, si l’on veut mettre en oeuvre des politiques efficaces, adaptées aux circonstances, pour traiter ces inégalités.

  16. @destalink, ah mince derrière un tel semblant d’ouverture d’esprit se cache le bon vieux argument de la nature ; encore une fois le modél de la famille biparentale est à l’échelle de l’évolution humaine une goutte d’eau !

  17. hou la la…c’est mercredi aujourd’hui…peut-être pourrions-nous nous réunir ce soir pour en discuter autour d’un dîner? J’en ai remarqué 3 ou 4 de classe internationale! 😉

  18. je considere qu’un enfant doit avoir pour modèle un homme « père » et une femme « mère »

    Si l’enfant est un garçon et qu’il veut jouer à la femme plus tard si ça lui chante. Ou inversement. Mais que ses modèles soient « sain » ça me semble plutôt logique.

    Sinon c’est qu’il y a dérive. Et quid des enfants par ces propres « dérives ». Meme question pour generation +2. Etc.

    Faut quand même etre sacrément de mauvaise foie (ou aveugle, ou partiale à la question) pour affirmer, sans aucun doute, que « ça ne changera rien ».

  19. Beaucoup de gens qui sont ici contre l’adoption par des couples de même sexe confondent filiation et reproduction : les géniteurs biologiques ne sont pas nécessairement les parents, y compris bien entendu et depuis fort longtemps au sein de relations hétérosexuelles : c’est ce qui constitue par exemple le principe même de l’adoption! Donc cet argument est pour le moins… étrange et n’est invoqué étrangement que contre l’homoparentalité (et l’homophobie plus u moins explicite qui motive cette position).

  20. @eric: et la famille homoparentale est encore bien moins qu’une goutte d’eau.
    Si tu veux jouer à ça…

    +1 beluchi d’ailleurs.

  21. jpc ne vous en déplaise le vrai père et la vraie mère restent les géniteurs et ça revient d’ailleurs bien dans l’actualité comme le démontre à travers le monde entier le souhait de plus en plus important d’enfants néés sous X de vouloir connaitrent leurs vrais père mère

  22. @ beluchi ; devant la force de vos arguments je me permets humblement de vous faire remarquer que dire « je considère » n’est en soi que l’annonce d’une position purement subjective et donc douteuse ; avancez plutôt des arguments valables ; par ailleurs pourquoi assimilez vous homosexualité et « jouer à la femme »? c’est très bizarre comme idée : que connaissez vous de l’homosexualité à part « La cage aux folles »? Apparemment pas grand chose

  23. @ Arkane : mais je vous aime aussi, même si je suis lamentable et que vous êtes « un peu homophobe » 😉

    Par contre, mon premier propos n’avait pas valeur d’argument. J’ai juste voulu réagir contre ces énièmes commentaires homphobes publiés plus haut, qui reprennent l’idée tradtionnellement évoquée qu’un enfant élevé par un couple homosexuel sera obligatoirement moqué par ses petits camarades. Pour le coup, il s’agit vraiment, à mon sens, d’un argument lamentable.

    Et puis pour cloturer ma petite contribution sur ce blog, je pousse « le bouchon plus loin », comme l’auteur de cet « article » : pourquoi ne pas finalement mettre dans des camps les homosexuels, bi, trans, etc., bref toutes les personnes qui s’éloignent de la sacro-sainte hétérosexualité et qui menacent la bonne éducation des futures générations? C’est pour la bonne cause, puisque c’est pour éviter que leurs déviances ne les contaminent, et comme le dit François, qu’on finisse par ne plus avoir que des couples homosexuels, ce qui siginifierait la fin de l’humanité.
    Ah oui, j’oubliais, cela a déjà été fait…

  24. Comme quoi c’est un besoin « naturel » de connaitre ses parents heterosexuels.

    Ah mais oui, certains ici condamnent les « arguments de la nature »
    Mais alors, faut surtout pas leur dire qu’ils sont contre la nature.

    C’est pas un peu paradoxal ?

  25. @jpc: j’ai des amis homosexuels et j’ai déjà vécu en colloc avec une lesbienne, donc si, j’en sais un minimum.

    « Jouer à la femme » oui vous avez raison, il ne s’agit pas de « jouer un rôle ».
    Mais ça me semblait plus clair ainsi.

    Quelle formulation auriez vous utilisé ?
    Un homme « se feminiser » ? (ça veut pas forcément dire qu’il devient gay)
    « s’homosexualiser ? »

  26. @ ariou : mais non, il n’y a pas de rapport nécessaire du point de vue du droit entre ceux que vous appelez les « vrais » parents qui sont les géniteurs (les adoptants sont-ils alors de « faux parents ») et ceux que la loi reconnait comme « parents » : un homme peut adopter l’enfant de sa concubine et devenir son père ; un couple hétéro peut adopter un enfant et devenir ses parents ; etc. Du point de vue du droit et des pratiques, ne vous en déplaise, le biologique et la filiation sont bien distincts

  27. @jpc qui ne voit pourquoi un couple homosexuel pose un problème à l’enfant, il est clair qu’il n’en a pas élevé un. Les enfants ont besoin de modèles, et d’une certaine conformité par rapport à leurs copains. Tôt ou tard cette revendication débile d’adoption par des foyers de deux hommes ou de deux femmes court à la catastrophe pour l’enfant. Mon fils est élevé par son beau-père, il arrive à l’adolescence et même si nous avons toujours une relation mère-fils fantastique, il a besoin clairement de cette référence masculine pour se construire, comment ferait-il face à deux femmes ? A l’inverse comment une jeune fille vivrait-elle les transformations de l’adolescence sans la référence maternelle, positive ou négative mais marquant un repère, dans un foyer de deux hommes ?

  28. @ beluchi : je voulais simplement souligner qu’un homo n’est pas nécessairement quelqu’un qui est du côté du « féminin » ni une lesbienne du « masculin » : homosexuel et « être féminin » n’ont rien à voir…

  29. Bien distincts mais toujours 2 sexes différents maximum.

    Vous etes un homme. Essayez d’aller reconnaitre un enfant qui a déjà un père (ou plutot un homme comme étant un des deux parents)

    Ca ne marchera pas.

  30. @beluchi ; effectivement ca changera tout…mais en mieux . tu mets le doigts sur le véritable font du problème, à savoir que l’on tolère l’homosexualité dans notre société mais qu’on continue d’y voir une forme de perversion à abattre puisque quelque part on castre ses couples en leur empechant l’adoption ou mieux encore le recours à la procréation médicale assistée (quelle différence entre un couple hétérosexuel stérile et un couple homosexuel?). Ces questions font peur pour une seule et même raison, c’est qu’intuitivement, chacun sent que ce débat s’appuit sur un axiome extrêmement fort de notre société et de notre construction identitaire, à savoir l’inégalité homme/femme . le jour ou une majorité des gens aura compris que cette différence n’est qu’une construction autoentretenue, et laissera à chacun non seulement le choix de sa sexualité mais plus encore de son individualité, indépendamment du bout de chaire qui pend (ou no) entre ses jambes ; ce jour, dans cette société libérée de ces normes plus qu’étouffantes…on ne se posera même plus la question du sexe que doit avoir les parents, de leur sexualité, de leur nombre….on vivra mieux tout bêtement

  31. @ veropillet qui ne sait pas si j’élève ou non un enfant mais affirme tout de même que je n’en élève pas… ; votre post est purement affirmatif, pourriez vous argumenter un peu autrement que par des généralités un peu vagues?

  32. @eric: « quelle différence entre un couple hétérosexuel stérile et un couple homosexuel? »

    Fais attention a ce que tu dis.
    Un homophobe te répondrait « Aucune, l’un est malade. Et l’autre aussi ».

    Sinon pour le reste : Ah, parce que pour toi, la différence homme/femme n’est qu’une différence auto entretenue? Il n’y a donc aucune différence physique ? Comportementale?

    Pour toi, le monde parfait c’est donc un monde où tout le monde est transexuelle, change de sexe comme de chemises et élève tous les enfants du village ensemble.

    Désolé donc de ne pas être autant ouvert d’esprit 😉

  33. @ beluchi qui a écrit : « Bien distincts mais toujours 2 sexes différents maximum. » (ou plutôt minimum?) ; ceci est vrai mais marque bien l’absurdité et l’incohérence du droit (et du discours anti adoption homoparentale) qui d’une part dit « pas de rapport entre le biologique et la filiation » et dit au contraire lorsqu’il s’agit de l’homoparentalité « attention la filiation doit inclure le biologique »…

  34. @ beluchi répondant @ eric : effectivement l’identité sexuelle, de genre est une construction sociale produite et entretenue (on sait ça au moins depuis Le 2em sexe) ; dire cela ne signifie pas pourtant que l’on pourrait en changer « comme de chemise »

  35. @jpc: où vois-tu une incohérence dans le droit (sur ce point là) ?

    Un enfant peut avoir comme parent
    – aucun
    – un homme
    – une femme
    – un homme et une femme

    Que ce soit des célibataires, gens mariés. Ou même 2 bons amis (sans rien de +) de sexe opposé.

    Il est pas question de « filiation biologique » mais juste que l’équilibre des sexe des parents soit (un peu près) respectée.

  36. @ Sutleur : je suis fort aise d’apprendre d’une part que je suis stupide, et d’autre part que l’humanité en est resté au stade animal. La formule « un mâle + une femelle = un bébé » est une réalité biologique, mais pourquoi voulez-vous absolument en faire une réalité sociale? Cela n’a pas de sens, nous sommes en 2009, la réalité sociale est bien plus complexe et s’échappera toujours de ce schéma type! Sauf si on instaure une dictature avec un modèle de cellule familiale obligatoire.

    Sinon votre pseudo, c’est un hommage au dictateur Adam Sutler de « V pour Vendetta »?

  37. le droit est incohérent car il fait un usage incohérent de la référence au biologique un coup non pris en compte et un autre (contre l’homoparentalité) pris en compte ; que voulez vous dire lorsque vous parlez d’équilibre des sexes des parents qui doit être respécté sinon que cet équilibre doit être hétérosexuel càd que cet équilibre n’est tel que parce qu’il reproduit la dualité sexuelle nécessaire à la reproduction : vous confondez vous même filiation et reproduction…

  38. @beluchi ; « Un homophobe te répondrait “Aucune, l’un est malade. Et l’autre aussi” » >> comme quoi il n faut jamais écouter un homophobe…néanmoins je prend la peine d’essayer 😉

    « la différence homme/femme est autoentretenue » >> effectivement, principalement d’un point de vue comportemental, à travers les jouets, les différences d’éducation, les sports, professions … autorisés ou non, les médias, les publicités…et tout ce qui compose notre société basée sur cette dualité ; avec en fin de compte un développement statistiquement différent, mais surtout très inégal pour les femmes. D’un point de vue physique, c’est beaucoup moins manichéen que ce que tu penses penser (sinon on n’opérerait pas des enfants à leur naissance et tous les hommes auraient un sexe de la taille de la tour eiffel).

    ma vision du monde parfait ? >> un monde ou on utilise des mots que l’on comprend (transexuel par exemple)…mais plus sérieusement un monde affranchie des normes de sexes et de sexualités, certainement ; « changer de sexe »? si l’on veut, mais surtout ne pas se sentir obliger d’être ci ou ca sous prétexte qu’on est né avec ou sans 😉

  39. @jpc: t’es un homo ? Tu as une amie qui élève seule son enfant?

    Tu as le droit de le reconnaitre, vous serez 2 parents. Amis.
    Et l’enfant aura bien 2 modèles de sexe différents.

  40. vous dites :
    si l’on se détache de la référence paternelle et maternelle pourquoi ne pas admettre que trois personnes ou quatre forment une famille et accepter que ces trois ou quatre là puissent adopter le même enfant ?
    l’argument a amplement été développé par une certaine Sylviane Agacinski. A laquelle l’on répondra : pourquoi pas ? ça permettrait à l’enfant de bénéficier d’un plus grand choix de modèles à imiter (donc de compétences à faire siennes), de sources d’affectivité ; ça rendrait la vie des parents plus aisée (partage des devoirs, des loisirs, des repas, des lessives, etc.) donc aussi celle des enfants, ça développerait le sens du collectif – meilleure socialisation … je n’y vois que des avantages. Pas vous ?

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  41. @ beluchi ; oui sauf qu’un couple homo est composé non pas d’un mec et « d’une amie » mais de 2 mecs ou 2 filles qui en tant que tels ne peuvent être reconnus légalement comme les parents (contrairement d’ailleurs à ce que sous entend le juge de l’article) ; par ailleurs, simple remarque : croyez-vous sincèrement que l’apprentissage de la différence sexuelle ne se réalise qu’à l’intérieur de la famille? le monde est peuplé d’hommes et de femmes et les gamins vivent dans le monde, non entre 4 murs avec papa/maman…

  42. Ellya ou une note d’espoir et d’intelligence dans un océan de conneries…merci beaucoup

  43. @jpc: Non, l’enfant n’est pas stupide il voit les différences sexuelles a l’exterieur, évidemment.

    Mais vous oubliez un point, l’importance des parents dans son développement.
    Pour un enfant, un homme c’est « comme Papa » et une femme c’est « comme Maman »

    Alors oui, si ya deux hommes à la maison, il saura reconnaitre une femme dans la rue quand il en verra une, mais disons pour faire simple, que sa vision des sexe ne sera pas de 50/50 comme elle devrait l’être dans le « cas idéal ».

    D’ailleurs, ceci vaut aussi pour la monoparentalité.

    Maintenant ne vous méprenez pas, je ne suis pas homophobe, et pas à 100% contre l’adoption pour les couples homosexuels.
    D’ailleurs, un enfant sera déjà clairement plus heureux avec deux parents qui l’adopte, même du même sexe, que de rester à la dass.

    Mais pour revenir dans un cadre plus général, je pense juste que c’est + du bonheur pour ces couples que pour l’enfant. (car comme je l’ai dit, se construira-t-il de la même manière ? probablement pas. En souffrira-t-il ? Surement. )

    A cause des moqueries & co. Bah oui, mais c’est comme ça.

  44. Bonjour,peut-être que mon avis intéressera quelqu’un. je m’appelle Emile,j’ai 22 ans et j’ai été elevé par ma mère et sa compagne.J’habite toujours à la maison d’ailleurs,les temps sont durs!Je suis heureux,je me sens bien,j’ai une chérie,je suis étudiant en fac de lettres…Tout ça pour dire quoi? Oui c’est vrai,il est arrivé à l’école qu’on m’insulte un peu (en gros qu’on répète les propos entendus à la maison par les parents) et après? je n’ai jamais caché ma situation particulière,c’est vrai,parfois j’aurai eu envie d’avoir d’autres parents mais comme n’importe quel autre ado je crois. il y atoujours eu des hommes dans leur entourage,j’ai joué au rugby,au foot,suis allé à la peche. C’est le meilleur copain de mouma (la compagne de ma mère) qui m’a amené à la pharmacie et expliqué pour les capotes,meme si je peux leur parler librement de tout,jepréfère quand même parler à des hommes pour certaines choses lol. j’ai eu une éducation normale meme un peu stricte. juste pour dire que tout va bien,ne vous tracassez pas comme pas comme ça! c’est pas toujours évident c’est vrai,mais j’ai eu de la chance par rapport à certains de mes potes qui ont un père et une mère mais qui sont malheureux en famille; merci d’avoir pris le temps de lire mon témoignage et vive l’OL!

  45. Beluchi : les moqueries, « c’est comme ça » parce que les enfants prennent pour modèles les moqueries homophobes de leurs parents et véhiculées par la société en général, mais aussi parce qu’on laisse faire.

    « C’est comme ça ». Quelle expression désespérante…

  46. @milou: merci pour ton témoignage.

    Juste une question car quelque chose m’interpelle : tu dis avoir « une » chérie.
    Penses-tu que ça aurait été le cas si tu avais été elevé par un homme et une femme ?

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